Henry Wakelam
Henry naît à Shanghai le 31 janvier 1931. Son père, Harold Wakelam, diplômé de l’Université de Birmingham, s’installe en Chine avant la Grande Guerre. Il travaille pour l’entreprise Richardson et participe à la conception de plusieurs bâtiments emblématiques du Bund.
Sa mère, Lydia Wolkoff, fille du général Anatolie Wolkoff, officier du Tsar, fuit la révolution russe et s’exile à Shanghai. Elle y rencontre Harold, client fidèle de la boutique où elle travaille. De leur mariage naît Henry, baptisé à l’église orthodoxe à l’âge de cinq ans.
En 1938, la famille quitte Shanghai pour la Malaisie ; puis, après la guerre sino-japonaise, fuit vers l’Afrique du Sud. Après de nombreuses péripéties, ils s’installent à Durban, où Harold retrouve sa famille après un périple rocambolesque.
Les débuts : le "Wanda"
À douze ans, Henry est interne dans une école privée du Cap. Il quitte l’école à dix-huit ans, alors que ses parents partent en Rhodésie. Resté à Durban, il construit son premier bateau, le "Wanda", un sloop en bois de 7,5 mètres, dont il a trouvé les plans dans un livre. Ce sera sa maison et le symbole de son indépendance.
Il s’embarque ensuite sur un petit cargo, le "Nahoon", et travaille pour financer l’équipement du "Wanda". En 1955, il croise la route de Bernard Moitessier, naufragé du "Marie-Thérèse II". Les deux hommes se lient d’amitié et fondent l’idée d’une « école de croisière » pour vivre de la mer. Ensemble, ils récupèrent de vieux cordages, bricolent, chassent pour se nourrir et préparent leurs voiliers pour la traversée de l’Atlantique.
De leurs conversations sur la navigation, le gréement et le rapport intime entre l’homme et l’océan naît une influence mutuelle : Henry découvre la philosophie de Bernard, tandis que celui-ci voit en Wakelam un génie de la bricole.
Ils quittent le Cap, naviguant de conserve, cap vers la Martinique. Bernard perd son bateau le "Marie-Thérèse II" sur un haut-fond au large de Saint-Vincent (Grenadines). Il rentre en France à bord d’un pétrolier.
Henry met le cap sur l’Angleterre, où il rencontre Ann, une jeune étudiante de 18 ans. Ils se marient en 1961.
Peu après, un courrier de Moitessier les invite à Marseille pour reprendre leur rêve commun : l’école de croisière.
Aux suivants : le "Shaffaï" et le "Pheb"
Henry renfloue l’épave d’un crevettier de 10 m transformé en voilier qui deviendra le "Shaffaï" ; ils pourront alors vivre de leur « école de croisière ».
Une autre opportunité se présente au carénage du vieux port de Marseille : l’épave flottante d’un remorqueur des Phares et Balises de 17 m. Avec l’aide d’Ann, ils le transforment en ketch ; il devient le "Pheb" (contraction de Phares et Balises).
En novembre 1964, ils retrouvent au mouillage de Las Palmas, aux Canaries, les Moitessier pour traverser vers la Martinique.
En décembre, les Moitessier fêtent Noël à bord du "Pheb". Leurs routes se séparent là : Henry et Ann restent dans les Antilles, Bernard et Françoise prennent la route du Pacifique par le canal de Panama.
Rencontre avec le "Caraïbe"
L’équipage du "Pheb" s’est agrandi. En 1966, Ann accouche d’Ivan à Sainte-Lucie. Ils sont dans les Grenadines lorsqu’Henry entend parler du "Caraïbe".
Profitant d’un passage en Guadeloupe, il se rend sur l’épave pour en constater l’état. Pour tout le monde, le ferrailleur qui l’a achetée devait poursuivre son œuvre de destruction, mais Henry y voit du potentiel malgré l’ampleur du travail à venir.
L’épave ramenée à quai, Henry vend le "Pheb". La famille — qui s’est encore agrandie : Ann accouche de Nala en 1967 et, dix mois plus tard, de Paul — s’installe dans le "Caraïbe".
Les conditions de vie à bord du "Caraïbe", encore en chantier, deviennent insupportables pour Ann : elle quitte le bord avec les enfants ; seul Ivan fait le choix de rester avec son père.
Pendant sept années, Henry consacre tout son temps, son énergie et ses dons à récupérer et recycler les objets les plus hétéroclites pour aménager le bateau.
➤ Suite de la saga du Quinette de Rochemont