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SOURCE : thèse de doctorat présentée en 2010 par Hélène LEGRAND :
"Cartographie des biocénoses benthiques du littoral martiniquais et eutrophisation en zone récifale en relation avec les sources de pression d’origine anthropique".

Biocénoses benthiques et milieux récifaux de Martinique

Les écosystèmes marins de la Martinique abritent une biodiversité exceptionnelle, structurée autour de biocénoses benthiques sensibles aux moindres variations de leur environnement.
Entre reliefs volcaniques, récifs coralliens et lagons protégés, ces milieux reflètent un équilibre délicat entre dynamiques naturelles et influences humaines.
Comprendre ces interactions, c’est mieux percevoir la complexité du vivant marin et la nécessité d’une approche responsable de la mer.
Plongeons ensemble à la découverte de ce patrimoine sous-marin fascinant… et des enjeux de sa préservation.

Cartographie des biocénoses benthiques du littoral de la Martinique pour la zone cotère de 0 à 50 m.
Cartographie des biocénoses benthiques du littoral de la Martinique pour la zone cotère de 0 à 50 m.

Les biocénoses benthiques : un écosystème structuré

Les biocénoses benthiques désignent l’ensemble des organismes vivant sur ou à proximité du fond marin. Ces communautés associent faune et flore en interaction constante avec leur milieu, le biotope. En Martinique, ces biocénoses présentent une diversité remarquable, reflet de la complexité des conditions physiques et géologiques locales (pente, substrat, hydrodynamisme).

Processus d’eutrophisation : une dérive écologique

L’eutrophisation résulte d’un apport excessif en nutriments (azote, phosphore), souvent d’origine anthropique. Elle se manifeste par une prolifération d’algues et de cyanobactéries, entraînant une consommation accrue d’oxygène et, in fine, une anoxie du milieu. Ce processus conduit à une régression des espèces sensibles et à une altération durable de la biodiversité benthique.

Carte bathymétrique simplifiée du plateau insulaire de la Martinique
Carte bathymétrique simplifiée du plateau insulaire de la Martinique (d’après Durand, 1996).

Pressions anthropiques sur le littoral martiniquais

Les activités humaines — urbanisation côtière, tourisme balnéaire, navigation de plaisance — exercent des pressions croissantes sur les milieux récifaux. Les apports terrigènes, les rejets organiques et les hydrocarbures modifient la qualité des eaux côtières. À cela s’ajoutent les impacts directs liés à la sur-fréquentation des sites de plongée, provoquant parfois des dégradations mécaniques des coraux.

Morphologie et organisation du plateau insulaire

Le plateau insulaire martiniquais, d’une superficie d’environ 1 100 km², se caractérise par une forte dissymétrie : étroit et abrupt à l’ouest (façade caraïbe), large et peu profond à l’est (façade atlantique). Ces contrastes structurent la distribution des biocénoses : récifs frangeants et lagons sur la côte atlantique, fonds plus profonds et pentes rocheuses sur la côte caraïbe.

Activité de plongée et vulnérabilité des sites

L’activité de plongée se concentre principalement sur la façade caraïbe, où les conditions de visibilité et de sécurité sont optimales. Environ 90 sites sont recensés, fréquentés par près de 160 000 plongées annuelles. Certains sites, tels que Cap Salomon, Pointe Burgos ou Le Diamant, dépassent les 8 000 immersions par an, seuil au-delà duquel des impacts écologiques significatifs peuvent être observés (érosion des coraux, perturbation de la faune).

Préservation et gestion durable des milieux récifaux

La préservation des écosystèmes benthiques nécessite une approche intégrée combinant surveillance scientifique, réglementation des usages et sensibilisation des plongeurs. Une pratique responsable — respect des habitats, limitation du contact physique, gestion des flux de fréquentation — constitue un levier essentiel pour maintenir la résilience des récifs et la qualité écologique du littoral martiniquais.


Soyons respectueux de cet environnement précaire pour les futurs plongeurs.